Boulimie — wikipédia what to take for heartburn when pregnant

La boulimie, un trouble des conduites alimentaires, est caractérisée par un rapport pathologique à la nourriture, se manifestant par des ingestions excessives d’aliments, de façon répétitive et durable. Ces ingestions, appelées crises de boulimie, peuvent durer entre quelques minutes et plusieurs heures. Cette maladie est souvent apparentée à une forme d’addiction, dans la mesure où l’individu entretiendra avec la nourriture un rapport similaire à celui que certaines personnes peuvent entretenir avec la drogue.

La boulimie est une des formes les plus sévères des troubles alimentaires avec l’ anorexie. La crise de boulimie se caractérise par une augmentation pathologique du besoin de nourriture, sans nécessairement ressentir la faim. Elle est la plupart du temps suivie par un sentiment très fort de colère ou de dégoût de soi (notamment dans le cas d’une boulimie vomitive).


L’individu boulimique peut avoir recours à certains actes en vue de stabiliser son poids, tels que la provocation du vomissement, l’utilisation inappropriée de laxatifs et/ou de diurétiques, la pratique excessive de sport et une restriction alimentaire très sévère. On associe souvent la boulimie aux vomissements bien qu’ils ne soient pas systématiques. Ces actes ont pour principal objectif de réduire au maximum la quantité de calories ingérées lors de la crise de boulimie. Bien que la personne boulimique croit réussir à éliminer toutes ces calories, ce n’est bien souvent pas le cas et, en général, les crises s’accompagnent d’une prise de poids plus ou moins importante.

Les causes de la boulimie sont complexes et multiples, issues d’une combinaison de facteurs émotionnels, comportementaux, psychologiques et sociaux. Ces facteurs sont paradoxalement très proches de ceux de l’ anorexie mentale, les deux maladies étant fréquemment liées. Un même patient peut souffrir d’une combinaison des deux maladies, ou d’une alternance d’anorexie et de boulimie.

Les individus touchés utilisent souvent la nourriture et le contrôle sur la nourriture afin de trouver un moyen de compensation d’ émotions et de sentiments perçus comme indomptables ou insurmontables. Pour certains, le fait de jeûner, d’ingérer des aliments d’une manière excessive et/ou de se faire vomir peut sembler une façon de surmonter ces émotions difficiles et donne une impression de maîtrise sur sa vie.

La boulimie est également liée à un grand manque de confiance en soi, que les crises accentuent. Elle est également liée à une sensation de manque ou de vide intérieur que la personne boulimique essaie de combler avec les crises. Il est d’ailleurs très fréquent que la solitude provoque une crise ; la personne se retrouve face à elle-même et cela lui est difficilement supportable.

40 % des femmes boulimiques ayant subi une violence sexuelle dans leur enfance ont des comportements de vomissement et/ou des crises de fringale plus importants que les autres, surtout si l’abus sexuel était intrafamilial, violent et précoce (avant 14 ans) [2 ]. Dans ces cas, une dévoration compulsive, frénétique et autodestructrice est observée. Diagnostic [ modifier | modifier le code ]

La boulimie est plus fréquente que l’anorexie, et elle lui est souvent associée. Elle touche plus les femmes que les hommes (9/10), notamment la femme jeune. Dans ce cas, elle débute souvent en fin d’ adolescence (18-19 ans) et concerne en France 3 % des adolescentes [réf. nécessaire]. Cependant, ces chiffres pourraient être sous-estimés du fait de la difficulté à détecter la « boulimie avec purge » (vomissement, lavement…) qui ne crée pas les symptômes habituels d’obésité ou de maigreur morbide.

Une corrélation est notée entre trouble du comportement alimentaire (boulimie et anorexie) et trouble de la sexualité. Une proportion anormalement élevée de cas d’abus sexuel lors de l’enfance et de l’adolescence a été soulignée par plusieurs études épidémiologiques [3 ] , [4 ].

Une interprétation psychiatrique voit la boulimie comme une réaction de défense contre la séduction et l’acte sexuel par la déformation du corps (obésité notamment) ; à l’instar de l’anorexie qui viserait les mêmes objectifs en ramenant le corps à l’état pré-pubère ( aménorrhée notamment).

La boulimie entraîne des comportements compulsifs de consommation de nourriture, en grande quantité, sur un court laps de temps. Les aliments choisis sont assez stéréotypés : aliments très caloriques, souvent sucrés (gâteaux, crèmes, glaces…) parfois salés (charcuterie, fromages…)

Le déroulement de la crise est marqué par un début brutal, avec sensation de malaise, de vide, de grande anxiété, que le sujet ressent comme particulièrement pénible. L’ingestion massive et brutale de nourriture pourra calmer cette angoisse.

La crise peut durer jusqu’à ce que le malade ressente de violentes douleurs abdominales, signe que l’ estomac est rempli. Ce symptôme marque souvent la fin de la crise. Le sujet est alors souvent en prise à un malaise physique (associé à la souffrance psychologique, la culpabilité, la honte) qui se résout fréquemment par des vomissements déclenchés volontairement.

Ces prises alimentaires sont souvent associées à un maintien du poids, en raison des tactiques de contrôle du poids plus ou moins dangereuses ou inefficaces : vomissements, exercice physique, crise d’anorexie, usage de laxatifs, de diurétiques, de lavements ou de médicaments coupe-faim.

Des complications parfois graves ont été notées : œsophagite (liée aux vomissements répétés), rupture œsophagienne ou gastrique (par absorption massive d’aliments), troubles ioniques (en rapport avec l’utilisation de diurétiques ou de laxatifs) pouvant aller jusqu’à des arythmies cardiaques et des complications dentaires. Ces complications peuvent faire prendre conscience au sujet des risques qu’il court : par exemple, vomir du sang peut être un choc pour le boulimique et faire diminuer ses crises. Mais il est possible alors qu’il se tourne vers d’autres addictions pour combler son besoin d’à la fois contrôler et détruire son corps et sa vie. Évolutions de la maladie [ modifier | modifier le code ]

Les thérapies utilisant l’ hypnose ericksonnienne sont également très efficaces car elles permettent de modifier des croyances profondes qu’a la personne boulimique sur elle-même. De plus, c’est une thérapie qui dure beaucoup moins longtemps que la plupart des autres prises en charge.

Une thérapie nutritionnelle y est associée, mais très souvent les résultats obtenus par celle-ci ne durent pas, ce qui prouve que la boulimie est un symptôme. Une thérapie qui vise plus particulièrement le trouble de la personnalité sous-jacent à la boulimie donnera plus de résultat. Elle peut se faire individuellement, mais (comme dans le cas des personnalités alcooliques ou toxicomanes) elle est plus performante lorsqu’il s’agit d’une thérapie de groupe. Il existe également des groupes de soutien, sur le modèle des Alcooliques anonymes : les Outremangeurs Anonymes. La prise en charge doit aussi favoriser l’insertion sociale, familiale, scolaire.

La nutrition entérale exclusive est un troisième traitement possible. Il se fait par la pose d’une sonde naso-gastrique au domicile du sujet. Celui-ci pendant une durée de quelques semaines sera alimenté exclusivement par poche, en n’ayant droit de boire que de l’eau. La personne réapprendra à manger au fur et à mesure par la suite. Ce type de cure permet 50 à 60 % de guérison [réf. nécessaire]. En cas de récidive, le traitement peut être repris avec une baisse de l’efficacité. Un suivi psychologique est demandé en parallèle du traitement. Notes et références [ modifier | modifier le code ]