Infection urinaire — wikipédia staphylococcus aureus sepsis

Une infection urinaire est définie par la colonisation des urines par des bactéries, ce qui se traduit le plus souvent par des signes infectieux urinaires. Elles sont très fréquentes, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes.

Il existe deux tableaux principaux d’infection urinaire : la cystite (infection de la vessie) et la pyélonéphrite (infection du rein). Elles se traitent très bien par antibiotiques. L’insuffisance ou l’absence de traitement de la pyélonéphrite peut mener à des complications sévères (cf. infra). Les infections urinaires sont les infections bactériennes les plus fréquentes quel que soit l’âge [1 ].

Entre 20 et 50 ans, les infections sont 50 fois plus fréquentes chez la femme, mais après 50 ans l’incidence chez l’homme augmente nettement du fait de l’augmentation des maladies prostatiques, et le ratio est donc seulement 3/1 chez les sujets âgés.


L’infection urinaire chez l’homme a pratiquement toujours une cause anatomique. Schématiquement : malformations congénitales dans l’enfance et l’adolescence, problèmes prostatiques chez l’homme âgé, calculs et tumeurs entre ces deux âges. La tuberculose rénale semble pouvoir aussi être une cause « anatomique » favorisante.

La plupart du temps, les bactéries proviennent des intestins. Pour cette raison, les femmes sont plus sujettes aux infections urinaires (cystite) en raison de la proximité du méat urinaire et de l’ anus (périnée court [2 ]) et de la brièveté de l’ urètre qui de plus est large et s’ouvre lors des rapports sexuels.

La principale cause d’infection urinaire est dépendante de la longueur de l’urètre : un urètre court permet aux bactéries d’atteindre plus facilement la vessie, et même dans certains cas le rein, ce qui explique leur prévalence très supérieure chez les femmes. La prévention repose sur une toilette intime régulière, boire 1,5 litre d’eau par jour et surtout la miction pré et post- coïtale [4 ]. Diagnostic [ modifier | modifier le code ]

Prévalence : 1 % chez les fillettes de moins de 10 ans, 10 à 20 % chez les femmes âgées en soins primaires, 20 à 50 % en milieu hospitalier [5 ]. Elle est fortement corrélée à l’activité sexuelle [5 ]. Elle est parfois suivie d’une infection symptomatique (8 % dans une étude de cohorte) [5 ].

Elle n’est dépistée systématiquement que pendant une grossesse, où la bandelette urinaire mensuelle est obligatoire. Elle se définit par la présence de plus de 100 000 bactéries/ml d’urine, sans entraîner le moindre symptôme. La bactériurie asymptomatique peut toutefois être responsable de contractions utérines et de menace d’accouchement prématuré à elle seule, ce qui justifie son dépistage et son traitement systématique. Cystite [ modifier | modifier le code ]

Tableau le plus sévère, il associe des signes fonctionnels urinaires, de la fièvre (39 à 40 °C), des frissons (lors de décharges bactériennes dans le sang), des douleurs lombaires unilatérales, des courbatures, une grande fatigue, des urines troubles, des nausées ou des vomissements, aucun appétit, une douleur à la mobilisation du rein à l’examen clinique. À un stade avancé, la pyurie s’associe et la vessie peut se rétracter (vessie bilharzienne) dans d’autres cas. Examens complémentaires [ modifier | modifier le code ]

Étant donné le faible risque de complications, les risques d’antibiorésistance, un traitement symptomatique n’est pas justifié dans les infections urinaires simples de type bactériurie asymptomatique (chez la femme) [5 ], à l’exception des femmes enceintes [7 ]. Cystite aiguë [ modifier | modifier le code ]

Le traitement est ambulatoire (à domicile). Antibiothérapie à bonne pénétration urinaire, bactéricide sur les germes habituels (bacilles gram négatifs), secondairement adaptée aux résultats de l’examen cytobactériologique des urines (s’il y a lieu), par voie orale, pendant 10 jours. Les traitement « minute » (dose unique d’antibiotique) ou d’une journée (une dose matin et une autre le soir) ont été largement utilisés pour améliorer le suivi du traitement et diminuer l’usage des antibiotiques. En fait, devant la fréquence des rechutes avec ces traitements courts, la durée d’antibiothérapie considérée comme nécessaire et suffisante et la plus généralement retenue aujourd’hui (2007) est de trois jours. Examen cytobactériologique des urines de contrôle 48 heures après la fin du traitement (les urines doivent être stériles). Ce délai doit être suffisant pour qu’il n’y ait plus de traces d’antibiotiques dans les urines. On peut préférer 72 heures, surtout si l’antibiotique était un aminoside.

• Antibiothérapie à bonne pénétration urinaire et bonne diffusion tissulaire, bactéricide sur les germes habituels (bacilles gram négatifs), secondairement adaptée aux résultats de l’examen cytobactériologique des urines (s’il y a lieu), par voie orale ou veineuse, pendant 21 jours ou un mois.

En Géorgie, en Russie et dans certains pays de l’est, la phagothérapie est utilisée avec succès contre les cystites bactériennes. Deux approches sont possibles: soit on administre un cocktail de phages standard spécifique à la pathologie ou au type de bactérie pathogène, soit on sélectionne et on cultive des phages lytiques pour la bactérie particulière.

La phagothérapie n’est pas encore reconnue en France ni dans les pays occidentaux mais elle y fait l’objet de nombreuses recherches et essais cliniques [8 ] , [9 ]. Les médicaments bactériophagiques peuvent être utilisés en France dans le cadre d’une Autorisation Temporaire d’Utilisation nominative (ATUn) délivrée par l’ ANSM au cas par cas, notamment dans les infections urologiques sévères [10 ].

En France la société Pherecydes Pharma développe un cocktail bactériophagique contre Pseudomonas aeruginosa (PP1131) et un contre E. coli (PP0121) dans le cadre du projet Phagoburn [11 ] , [12 ]. Devant l’absence de solution par le circuit classique de soins, des organisations de patients se sont montées en France pour faciliter l’accès aux bactériophagiques [13 ] , [14 ] , [15 ]. Prévention médicamenteuse [ modifier | modifier le code ]

Aux États-Unis, et dans les autres pays anglo-saxons, l’hippurate de méthénamine est couramment prescrit à une dose d’ 1 g par jour dans un but préventif [16 ]. Ce médicament, Hiprex, fabriqué par Sanofi, n’est pas disponible en France. Prévention naturelle [ modifier | modifier le code ]

Prendre des bains chauds aide contre les infections urinaires. Toutefois, celui-ci ne doit pas être trop long au risque de ne retirer la douleur qu’à court terme avant que celle-ci ne revienne de nouveau. [citation nécessaire] Gélules de bruyère et busserole sont également indiquées. [citation nécessaire] Idées reçues [ modifier | modifier le code ]

Certaines bactéries infectant les voies urinaires sont en effet transmises lors des rapports sexuels. Les hommes sont plus à risque, les voies urinaires de l’homme étant plus exposées lors des rapports sexuels. [citation nécessaire]. Les bactéries impliquées dans la survenue d’infections transmises sexuellement (IST : infections sexuellement transmissibles) sont spécifiques. Il s’agit dans la majorité des cas des Chlamydiae et des gonocoques. Une bonne hygiène globale est recommandée avec lavage des mains en cas de crise urinaire. Il est fortement suggéré pour les femmes comme pour les hommes d’uriner rapidement après une relation sexuelle non protégée afin de prévenir l’infection urinaire. Notes et références [ modifier | modifier le code ]