Tramadol — wikipédia antiemetic for pregnancy

Le tramadol (Nobligan, Tiparol, Topalgic, Tradolan, Tramal, Ultram, Ixprim) est un antalgique central développé par la firme allemande Grünenthal GmbH. On le classe dans la catégorie des antalgiques de niveau 2, catégorie comprenant la codéine et le dextropropoxyphène. Il agit sur le même type de récepteur que la morphine, c’est un agoniste des récepteurs morphiniques. Il a un pouvoir analgésique légèrement plus fort que la codéine (50 mg de tramadol équivalent à 10 mg de morphine). De plus, le tramadol est disponible en association avec le paracétamol à des dosages plus élevés que la codéine. Contrairement à cette dernière, il est également commercialisé sans association avec le paracétamol. C’est pourquoi on le classe comme antalgique de palier II.b.

Il peut entraîner une dépendance, mais celle-ci semble plus faible que celle des morphinomimétiques majeurs ( niveau 3), tout en restant nettement supérieure aux analgésiques de niveau 1 et plus délicate que celle des morphiniques mineurs (du même niveau 2).


En revanche, en plus de la dépendance classique clairement identifiée aux composés morphiniques, viennent s’ajouter des phénomènes de sevrage identiques à ceux rencontrés lorsque les patients doivent arrêter les antidépresseurs de type ISRS ou IRSNa. À ce titre, il convient de l’employer avec une tout autre réserve : le tramadol n’est délivré en France que sur ordonnance et est inscrit sur la liste I [3 ].

D’aucuns ont suggéré de l’utiliser dans le cas de dépression, d’anxiété et de phobies [7 ] à cause de son action sur les récepteurs de noradrénaline et de sérotonine [8 ]. Cependant, les spécialistes n’ont pas approuvé son utilisation pour ces désordres psychiques [9 ] , [10 ], le mentionnant seulement comme cas particulier d’utilisation (seulement lorsque les autres traitements ont échoué), et obligatoirement avec le suivi d’un psychiatre [11 ] , [12 ].

La pharmacodépendance est importante lors d’un usage prolongé, la posologie sera adaptée en conséquence pour éviter un sevrage difficile impliquant des symptômes d’hypertension, hypersudation, insomnie, terreurs nocturnes, angoisses, agoraphobie, troubles de la concentration, spasmes musculaires, micro-mouvements involontaires, agressivité, irritabilité, amnésie temporaire (parmi les plus fréquents). Son activité sur la sérotonine provoque un sevrage long et lourd (3 à 6 mois) en cas d’utilisation sur le long terme à dose croissante, comparable à celui des antidépresseurs agissant sur la recapture de la sérotonine et qui s’ajoute au sevrage plus prépondérant et proprement morphinomimétique (tableau classique de 7 à 10 jours) engendré par le tramadol. Son effet sur la sérotonine est plus sensible que celui des morphiniques, mais il n’est cependant pas un substitut confortable des dérivés analgésiques de la morphine.

Le tramadol est utilisé abusivement dans un contexte toxicomaniaque, de manière plus percutante que la codéine, notamment chez les personnes naïves aux stupéfiants. En 2009, il fait l’objet d’un signalement sanitaire international après avoir été à l’origine d’une importante et très rapide toxicomanie au Moyen-Orient [13 ]. Son usage par Boko Haram qui en administrerait à des enfants avant de leur faire commettre des attentats-suicides, lui a valu en Afrique le surnom de « drogue des Kamikazes ». Selon l’ONU il serait aussi utilisé au Sahel par les groupes djihadistes [14 ].

Le tramadol est fortement déconseillé en cas de pathologie hépatique sévère. Il est également fortement déconseillé en cas de prise d’antidépresseurs (particulièrement ISRS) et de triptans (de par leur activité sur le 5HT) car le risque de syndrome sérotoninergique s’en trouve fortement augmenté.

Initialement développé par la société Grünenthal dans les années 1970, il a été découvert à l’initiative de Germain Sotoing Taïwe qu’il était naturellement et directement disponible dans la nature, synthétisé par une espèce d’arbre africaine, le pêcher africain ( Sarcocephalus latifolius aussi appelé Nauclea latifolia), de la famille des Rubiacées [16 ].

Dans 20 grammes d’extrait de la plante (très courante en Afrique sub-saharienne), on a l’équivalent d’une pilule de tramadol [17 ]. Cette espèce était déjà utilisée par les médecines traditionnelles depuis une centaine d’années au moins pour traiter l’ épilepsie, le paludisme, la fièvre, la douleur ou certaines infections.

Cependant, une étude de septembre 2014 menée par le Dr Michael Spiteller semble indiquer que la présence de cette molécule dans la plante soit due à sa contamination par du bétail vivant à proximité et à qui a été administrée cette molécule. En effet, des métabolites produits par les mammifères à partir du tramadol ont aussi été retrouvés dans les plantes qui présentaient une concentration importante en tramadol ; par ailleurs, des échantillons de cet arbre récoltés à une autre localisation géographique ne présentaient pas de telles concentrations en tramadol [18 ]. Notes et références [ modifier | modifier le code ]

• ↑ (en) MO Rojas-Corrales, E Berrocoso, J Gibert-Rahola et JA Micó, « Antidepressant-like effect of tramadol and its enantiomers in reserpinized mice: comparative study with desipramine, fluvoxamine, venlafaxine and opiates », Journal of psycho-pharmacology, vol. 18, n o 3,‎ 2004, p. 404–11 ( PMID 15358985, DOI 10.1177/026988110401800305)

• ↑ (en) SE Hopwood, CA Owesson, LF Callado, DP Mclaughlin et JA Stamford, « Effects of chronic tramadol on pre- and post-synaptic measures of mono-amine function », Journal of psycho-pharmacology, vol. 15, n o 3,‎ 2001, p. 147–53 ( PMID 11565620, DOI 10.1177/026988110101500301)

• ↑ (en) Hopwood SE, Owesson CA, Callado LF, McLaughlin DP, Stamford JA, « Effects of chronic tramadol on pre- and post-synaptic measures of monoamine function », Journal of Psychopharmacology, vol. 15, n o 3,‎ septembre 2001, p. 147–53 ( PMID 11565620, DOI 10.1177/026988110101500301, lire en ligne)

• ↑ Souvik Kusari, Simplice Joel N. Tatsimo, Sebastian Zühlke, Ferdinand M. Talontsi, Simeon Fogue Kouam et Michael Spiteller, « Tramadol-A True Natural Product? », Angewandte Chemie International Edition,‎ 2014, n/a–n/a ( ISSN 1433-7851, DOI 10.1002/anie.201406639)